1 - Qu’est-ce que le harcèlement ?​

« Le harcèlement désigne la répétition d’agissements, propos ou comportements qui ont pour objet ou pour effet d’entraîner une dégradation des conditions de vie de la victime ».

En milieu scolaire, le harcèlement va se matérialiser par des injures, des moqueries, des violences physiques, des menaces, des stigmatisations…

Le harcèlement scolaire touche tous les milieux sociaux. Une personne introvertie, qui s’habille différemment, parle avec un accent, fils d’un professeur, d’un élu, etc. Le harceleur peut trouver n’importe quel prétexte pour attaquer sa victime.

Dans une situation de harcèlement, un rapport de force et de domination s’installe entre un élève victime et un/des agresseur(s). Ainsi, régulièrement, le harceleur va répéter ce rôle de dominant en rabaissant l’élève physiquement et/ou moralement. La victime perd peu à peu confiance en elle, se sentant de plus en plus impuissante, elle s’isole.

Bien souvent le harcèlement subit à l’école continue en dehors, notamment sur les réseaux sociaux. On parle alors de cyberharcèlement.

https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement

2 - Comment détecter une situation de harcèlement ?

Manque d’appétit, perte d’intérêt pour les loisirs, chute des résultats scolaires, dégradations ou « perte » des affaires, manque de joie de vivre, isolement, conduite addictive, signes de peur ou de nervosité, agressivité, prise ou perte de poids rapide, maux de ventre répétés, blessures fréquentes…

Tout changement de comportement de l’enfant doit alerter. Ce peut-être une phase, l’adolescence ou une situation très passagère. Mais dès qu’une situation de mal-être est détectée, il faut ouvrir le dialogue avec l’enfant.

Pour les plus jeunes, cela peut passer par un livre. Pour les plus grands, il est possible de raconter une expérience fictive qui est arrivée au fils d’un collègue par exemple. Ou bien, laisser à sa vue, des informations, des coordonnées de sites ou d’associations…

L’enfant doit comprendre que ce qu’il subit n’est pas normal et qu’il peut trouver du soutien et de l’aide pour faire cesser les agissements. Il est primordial d’instaurer un climat de confiance, sans jugement, en prenant en compte ses inquiétudes et ce qu’il vit.

10% des enfants scolarisés sont harcelés chaque année.

En termes de prévention, rien de tel que l’échange : expliquer que ces situations existent, qu'elles ont parfois des issues dramatiques. Que tout le monde peut se retrouver un jour témoin, victime, voir même harceleur. Expliquer ce qui constitue un comportement de harceleur et ce que ressentent les victimes, l’impact d’une moquerie ou d’un sobriquet…

Le développement de l’empathie des enfants est un axe clé pour enrailler ce phénomène.

3 - Victimes ou témoins, comment réagir ?

Si vous êtes témoin (professeur, personnel encadrant, étudiant…) : intervenez ! Soit en direct, soit, en le signalant à un adulte.

Si votre enfant vous parle d’un camarade malmené, mais qu’il ne veut pas en parler au corps enseignant de peur de représailles ou d’être catalogué comme « balance », vous pouvez l’inviter à en discuter avec son camarade afin qu’il le pousse à agir.
Vous pouvez aussi contacter l’établissement.

Votre enfant peut également vous parler « du gros qui n’arrive pas à courir, ce qui le fait bien rire avec ses amis, alors ils l’appellent cachalot ». Ce n’est pas anodin : réagissez !

Votre enfant a peut-être suivi le mouvement sans se rendre compte de l’impact sur l’élève malmené ? Aidez-le à en prendre conscience, à faire cesser ses camarades, à s’excuser auprès de l’élève concerné, et à ne pas prendre part à ce harcèlement.

Le site du ministère de l’éducation : http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ peut vous donner des conseils quant aux démarches à entreprendre, au discours à adopter. Des clips vidéo peuvent également vous aider à en parler avec votre enfant.

Si votre enfant vit une situation de cyberharcèlement, le service e-enfance (Tel : 3018 / https://e-enfance.org/) est à votre disposition. Il s’agit d’une association nationale pour les jeunes victimes de violences numériques. Vous y trouverez des fiches outils, des conseils, la possibilité de stocker des preuves… Car la loi considère le cyberharcèlement comme une circonstance aggravante du harcèlement moral.

En cas de profond mal-être, PHARE Enfants-Parents est une association qui vient en aide aux parents et enfants pour les aider à surmonter leur mal-être et à identifier les signes de risques suicidaires. L’association est joignable au Tél : 01 43 46 00 62 (de 10h à 17h) / https://www.phare.org.

Vous pouvez également prendre contact avec le médecin traitant de votre enfant. Il pourra vous proposer de mettre en place un suivi psychologique, via un CMP (Centre Médico Psycho-Pédagogiques), ou grâce au dispositif « Mon soutien psy » https://www.ameli.fr/cher/assure/remboursements/rembourse/rembou rsement-seance-psychologue-mon-soutien-psy.

Prenez rapidement contact avec le chef de l’établissement qui scolarise votre enfant.

Exposez-lui les faits et demandez-lui ce qui va être mis en œuvre pour protéger votre enfant. Il sera ensuite accompagné par les membres du dispositif « pHARe » (élèves, parents d’élèves, personnel de l’établissement) prévu dans chaque établissement.

En savoir plus sur le programme pHARe : https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement/phare-un-programme-de-lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-323435

Si cela vous semble nécessaire, vous pouvez porter plainte contre les agresseurs.

N’agissez surtout pas seul auprès du harceleur ou de sa famille. Et en cas de cyberharcèlement, isolez votre enfant des réseaux sociaux.

4 - Que risque le harceleur ?

Le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit pénal. Le harceleur encourt jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende en cas de suicide ou de tentative de suicide de la victime harcelée.

Quant au cyberharcèlement, la peine dépend de l’âge de l’agresseur et de la victime. Le harceleur encourt jusqu’à 45 000€ d’amende et 3 ans de prison.

L’élève harceleur sera reçu, ainsi que ses parents, par le chef d’établissement. Puis, il sera sensibilisé à ce qu’endure sa victime par les membres de l’équipe pHARe.
Selon la gravité de la situation et si les agressions se poursuivent, une procédure disciplinaire pourra être engagée par l’établissement scolaire (cette démarche est rendue obligatoire à partir du secondaire).

Un signalement, par le chef d’établissement, sera effectué en parallèle, auprès du procureur de la république.

5 - Comment se reconstruire ?

Même lorsque le harcèlement cesse, le mal-être peut perdurer.

La victime a perdu confiance en elle, elle a pris l’habitude de s’isoler, sa scolarité, son sommeil ou son système digestif ont pu en pâtir… C’est tout un écosystème qui est à rebâtir.

  • Le suivi psychologique aidera à reprendre confiance dans le collectif, et à retrouver l’estime de soi. C’est un temps nécessaire pour intégrer que l’enfant a été une victime et qu’il n’est en rien fautif de ce qui lui est arrivé. Ce suivi est essentiel pour se reconstruire.
  • Retrouver, autant que possible, une vie sociale : au travers de la scolarité, mais aussi des activités extra-scolaires.
  • Garder le dialogue avec l’enfant et favoriser les activités et les petits mots d’encouragement. Valoriser toutes ses réussites.
  • Des chansons, lectures, podcast ou témoignages de célébrités qui ont surmonté cette épreuve, peuvent participer à ce que l’enfant retrouve l’espoir d’un mieux-être et d’un avenir plus heureux.